World Music|世界の音楽とことばのアーカイブ

アフリカ、インド、中東、南米、東欧、バリ、ジャズ、民謡、スーフィー、クラシックまで。 蒐集・試聴・旅・記録を通じて世界の音楽文化を紹介する日本語のワールドミュージック・メディア。

Monday, 19/1/2026 | 12:39 UTC+9

「ゲンズブールが差し出したグラスの中に、人生が潜んでいた。」

—— 週末には、酒の話を。

若い頃の酒は、「酔う」ためのものであり、「演じるための道具」だった。

セルジュ・ゲンズブールとの最初の会話は、彼がこれから数日を過ごすホテルのバーで始まった。
「ジロー、これを飲め!」
マネジャーとふたり、カウンターに腰かけたゲンズブールが、僕を手招きした。
グラスには黄濁した液体が注がれていた。ひと口、口に含んだ瞬間——
「にが〜っ!」
顔をしかめる僕に、ゲンズブールはニヒルに笑った。「なんだ、これは!こんなもの飲めないよ」。
実際、彼らはそれ以上勧めてはこなかった。

だが、このときの体験は、少なからず僕の「酒人生」に影響を与えた。
彼が勧めたその酒は、『Pernod(ペルノ)』だった。
(ゲンズブールと酒の話は他にもあるが、それはまた別の機会に。)

この“訳の分からない苦い酒”を、どうしても飲めるようになりたかった。
それからしばらく、バーに行っては「Pernodのオレンジジュース割」を頼んだ。
女性が同席しているときにはカッコ悪くてやらなかったけれど、ひとりのときは必ず一杯。
今、思うとひとりのときも相当カッコ悪い。
ある夜、思い切ってストレートを頼んでみた。
——「旨い!」
Pernodを飲めた。その日から僕は、ゲンズブールを気取って、
洒落者にでもなったつもりで、どこへ行っても「Pernod」を飲むようになった。

フランス料理店では、食前酒も食後酒も「Pernod」をストレートで。
そんな僕の飲み方を見て、ある人はこう言った——
「そういう飲み方をしてはいけない」

いつか詳しく書くかもしれないが、
マダガスカルで行われたサバイバルレース『レイド・ゴロワーズ』に参加したときのこと。
フランスの運営スタッフたちと「Pernod」をストレートでガブガブ飲んでいると
「Pernodはそんなふうに飲むもんじゃない」とたしなめられた。
完全に“アホ扱い”だった(笑)。

Pernodが僕を狂わせたのか、
いや、ゲンズブールか。
——いや、きっと、ゲンズブールからは、たくさんのことを教わった。

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Giroと書いてしまいJiroと書き直してくれたセルジュのサイン
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こちらはちゃんとjiroと書いてくれたサイン
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ゲンズブールの吸い残しの「GITANES」

今でも「Pernod」は大好きだ。
けれど、もう封印している。
Pernodは、ファッションだった。

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本当に心を満たす酒は、そのずっとあとにやってくる。
「Scotch」──魂の飲みものとして。

Prologue – Gainsbourg et le Pernod

Chambre de lecture à l’aube — “L’alcool et l’âme”

« Dans le verre que Gainsbourg me tendait, la vie tout entière se cachait. »


Le week-end, parlons d’alcool.

Quand j’étais jeune, l’alcool n’était qu’un moyen de m’enivrer,
un instrument pour jouer un rôle.

Ma première conversation avec Serge Gainsbourg eut lieu
au bar de l’hôtel où il allait passer quelques jours.
— « Jiro, bois ça ! »

Assis au comptoir avec son manager,
Gainsbourg me fit signe d’approcher.
Dans le verre, un liquide jaune et trouble.

Dès la première gorgée :
— « Quelle amertume ! »

Je grimaçai. Gainsbourg esquissa un sourire ironique.
— « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Je ne peux pas boire un truc pareil. »

En réalité, ils n’insistèrent pas davantage.


Le goût de la révélation

Cette expérience, pourtant, laissa une empreinte durable
dans ma vie de buveur.
Le breuvage qu’il m’avait offert s’appelait Pernod.
(Il y aurait bien d’autres histoires à raconter sur Gainsbourg et l’alcool,
mais ce sera pour une autre fois.)

Je voulais à tout prix apprendre à aimer cette boisson
si incompréhensiblement amère.
Pendant un temps, chaque fois que j’allais dans un bar,
je commandais un Pernod avec du jus d’orange.

Quand une femme m’accompagnait, je n’osais pas : trop ridicule.
Mais seul, toujours un verre.
Avec le recul, c’était ridicule aussi, même seul.


Le dandy et son verre

Un soir, je pris mon courage à deux mains : Pernod pur.
— « Délicieux ! »

J’avais réussi.
Ce jour-là, je me crus un peu Gainsbourg, un peu dandy,
et dès lors, où que j’aille, je commandais du Pernod.

Dans les restaurants français, avant comme après le repas : Pernod, pur.

Quelqu’un finit par me dire :
— « On ne boit pas le Pernod comme ça. »


Madagascar, le Pernod et les fous

Je raconterai peut-être un jour cette histoire plus en détail.
Lors du Raid Gauloises, une course de survie à Madagascar,
je buvais des Pernods pur à grandes gorgées avec les membres
de l’équipe française.

L’un d’eux me lança :
— « Le Pernod, ça ne se boit pas de cette façon-là. »
Ils me prirent pour un parfait imbécile. (rires)


Entre Gainsbourg et moi

Était-ce le Pernod qui m’avait rendu fou ?
Non, sans doute Gainsbourg.
Ou plutôt, c’est de lui que j’ai tant appris.

J’aime toujours le Pernod.
Mais je l’ai scellé.
Le Pernod, c’était une mode.

Le véritable alcool, celui qui comble l’âme,
devait venir bien plus tard :

le Scotch — boisson de l’esprit, et de l’âme.